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Musique classique et opéra par Classissima

Igor Stravinski

mercredi 28 septembre 2016


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Poitiers, TAP, Théâtre Auditorium de Poitiers, saison 2016 – 2017

Classiquenews.com - Articles POITIERS, TAP. Saison 2016 – 2017 : c’est une saison résolument internationale qui s’ouvre à Poitiers, où les artistes de toutes nationalités écrivent une nouvelle page du vivre ensemble, défendant une conscience partagée, ouverte, généreuse, fraternelle. Car « le multiculturalisme est une richesse et une force », comme le précise dans son édito, Jérôme Lecardeur, directeur du TAP, Théâtre Auditorium de Poitiers. Pour sa programmation danse et musique classique, le TAP dans les faits cultive les métissages et l’esprit de la rencontre : d’emblée la danse fait ici une percée remarquable grâce aux thématiques défendues et aux personnalités chorégraphiques invitées, célébrées : Nijinsky, Anne Teresa De Keersmaeker (Rain), Jérôme Bel, William Forsythe et Merce Cunningham, ces deux derniers créateurs, étant joués par le Ballet de l’Opéra national de Paris dont les danseurs n’avaient jamais déposé leurs chaussons au TAP ! Une première particulièrement importante (les 10 et 11 janvier 2017). Les mélomanes retrouvent au cours de la saison le travail et l’exploration des répertoires menée par les orchestres et ensembles en résidence au TAP : Orchestre des Champs-Elysées, Orchestre Poitou-Charentes, Ars Nova instrumental, et cette année, une nouvelle invitée, Vanessa Wagner, pianiste curieuse qui aime elle aussi partager ses découvertes et ses expérimentations depuis son clavier défricheur… Parmi les autres invités dont les récitals et programmes sont des événements complémentaires : Jean Rondeau, claveciniste en vue (21 mars 2017 : programme, Concertos de JS Bach et fils), et l’excellente mezzo Isabelle Druet dont classiquenews a précédemment salué la justesse expressive dans Tancrède de Campra ou son dernier album discographique édité chez Klarthe (Alma Mahler, Zemlinsky…). Toujours en jaune, comme la parure de sa façade dominant la ville, le TAP affiche une éclatante énergie, claire et fluo, proposition à penser notre société et garder le cap vers l’excellence dans le partage. Anne peut qu’y souscrire. VISITEZ le site du TAP Théâtre Auditorium Poitiers / saison 2016 – 2017 Temps forts au TAP de Poitiers saison 2016 – 2017 9 programmes incontournables pour ne rien manquer de la très riche saison nouvelle au TAP Jeudi 13 octobre 2016, 20h30. L’Orchestre des Champs Elysées et Philippe Herreweghe jouent Brahms. Premier temps fort de cette saison, le sublime Requiem Allemand / Ein deutsche Requiem de Johannes Brahms, partition non liturgique mais témoignage d’estime du jeune Johann pour son aîné tant admiré et estimé, Robert Schumann… En allemand (et non en latin), Brahms détaille avec pudeur et profondeur plusieurs méditations sur la perte d’un être cher, le deuil obligé, la mort, le renoncement au monde et à l’amour. La traditionnelle métamorphose grâce à la musique se réalise en teintes mordorées et scintillante d’autant plus vibratiles grâce au format et au caractère spécifiques des instruments anciens : de l’angoisse et de la douleur à l’espérance finale, où se précise la promesse d’une vie sereine et éternelle. Philippe Herreweghe retrouve la puissance d’une partition de l’intime, sertie et constellée de joyaux d’une rare pudeur : Brahms rend un hommage personnel à son « maître » tant aimé ; il lui offre une prière faite de pleine conscience et de gravité maîtrisée. Le chef fondateur de l’Orchestre des Champs Elysées en résidence au TAP, prolonge ainsi son précédent enregistrement d’Un Requiem Allemand / Ein Deutsches Requiem de Brahms, gravé en 1996. Les fiançailles magiques fêtent en 2016, leurs 25 ans : lire plus loin la journée spéciale « Cocktail », festival d’un jour autour et par l’Orchestre des Champs-Elysées, le jeudi 9 mars 2017-; 20 ans plus tard, le geste devrait éblouir par une expérience plus riche, une compréhension nourrie par des années de réflexion et de méditation sur le manuscrit de Brahms. Lecture attendue, événement, d’autant plus appréciée dans l’acoustique exceptionnellement détaillée et claire du Théâtre Auditorium de Poitiers. Avec le Collegium Vocale Gent, Eerens, soprano et Kresimir Strazanac, baryton. Les 18 et 19 octobre 2016, 20h30. Hommage à Nijinsky. La chorégraphe Dominique Brun remonte les ballets révolutionnaires de Nijinsky : Le Sacre du Printemps (musique de Stravinsky) et L’Après midi d’un Faune (Debussy). A Paris, en 1912 et 1913, le langage corporel et musical évolue considérablement, exprimant des secousses et convulsions, de nouveaux paysages sonores que les musiques (païennes, expressionnistes, saisissantes) de Stravinsky, ivres d’une sensualité pointilliste (de Debussy) éclairent d’un nouveau souffle. Avec Jeux de Debussy, les Ballets les plus essentiels de l’histoire musicale et chorégraphique s’invitent et se réinventent à Poitiers, les 18 et 19 octobre 2016 avec en soliste l’excellent et rayonnant Benjamin Alu, danseur étoile de l’ Opéra national de Paris. Ainsi le langage des danseurs changent totalement privilégiant les profils pointés, les marches terriennes, les figures angulaires comme inspirées par les bas reliefs antiques… C’est un tout nouveau rapport entre le corps et l’espace, le mouvement et le plateau, le soliste et le corps de ballet… Le relief des instruments comme la trépidation convulsive, onirique des danses rejaillissent avec d’autant plus d’acuité que la bande sonore utilisée est celle des versions historiques, récemment jouées par l’orchestre Les Siècles, sur instruments d’apique, enregistrement (dont Le Sacre de Stravinsky) distingué par un CLIC de CLASSIQUENEWS en 2014. Dominique Brun présente donc un triptyque particulièrement intéressant, composant l’intégralité de sa recherche actuelle sur les Ballets Russes. Mercredi 16 novembre 2016, 19h30. « Variations Diabelli » : l’Orchestre Poitou-Charentes et son chef d’orchestre fondateur, Jean-François Heisser jouent Beethoven et Zender. Au programme, virtuosité pour clavier seul (Variations Diabelli de Beethoven joué par Jean-François Hisser), puis réponse aux 33 Variations ainsi écoutés, à l’orchestre, grâce au 33 Variations d’après Beethoven (2011) de Hans Zender. Le compositeur contemporain est bien connu des mélomanes par ses relectures iconoclastes des grands classiques romantiques : avant les Diabelli, Zender s’était intéressé à retranscrire pour orchestre Le Voyage d’hiver de Schubert : en passant de la forme chambriste et intime, au grand orchestre, que gagne la musique et l’expressivité du motif dans son passage du confidentiel au démonstratif ? L’univers sonore de Zender semble éclairer plus qu’il ne le dénature, le propos originel de Beethoven. En façonnant un nouvel édifice musical et esthétique où brillent l’éclat de nouveaux instruments (accordéon, percussions à la fête), l’idée de Zender est de relire le chef originel de Beethoven en en soulignant la profusion et la richesse intérieure. Le propos de Zender est d’autant plus légitime que Beethoven déjà à son époque avait repris et analysé une Valse d’Anton Diabelli pour concevoir l’enchaînement de ses 33 Variations (1819-1823). Au départ, éditeur et compositeur, Diabelli propose aux compositeurs viennois, d’écrire une variation d’après sa propre valse : les droits du recueil, englobant toutes les variations seraient reversés au profit des veuves et des orphelins des guerres napoléoniennes… Beethoven piqué au vif (et souhaitant aussi percevoir le salaire généreux promis pour une telle composition), s’intéresse finalement au projet et commence par écrire 23 Variations à l’été 1819, puis interrompt son travail pour composer la Missa Solemnis ; enfin termine le cycle d’après Diabelli, en 1823. Toute la démarche de Beethoven consiste à développer l’idée du motif jusqu’à son implosion (d’ailleurs le véritable titre donné par Ludwig au moment de la livraison de l’ensemble est « 33 transformations » / 33 Veränderugnen, sur une valse de Diabelli…) souhaitant démontrer le potentiel immense d’une motif originel simple, grâce à la puissance de son génie recréateur. L’opus 120 est ainsi connu et bien documenté, portant une dédicace à l’Immortelle Bien-Aimée, c’est à dire Antonia Brentano. Mardi 22 novembre 2016, 20h30. UM : souverain moteur de toutes choses : Zad Moultaka, Ars Nova instrumental… Le TAP présente en novembre 2016, une création majeure, fruit de la collaboration du compositeur contemporain Zad Moulataka et l’ensemble en résidence Ars nova instrumental. Comme un écho au Requiem profane de Brahms (cohérence interne de la programmation 2016 – 2017), Ars Nova et son chef fondateur Philippe Nahon réalisent la nouvelle partition de Zad Moultaka d’après Le Livre des Morts tibétain (Bardo Thödol), permettant la rencontre entre voix, machine et instruments, le compositeur explore le registre sacré en Occident. UM fait référence à l’énoncé d’un mantra, c’est aussi les initiales pour « United Motors », c’est à dire référence à la pensée : « Dieu est le premier moteur, le souverain moteur de toutes choses ». Que signifie pour nous, dans notre société contemporaine, l’idée d’une énergie première et primordiale ? Vers quel but et dans quelle direction nous mènerait-elle ? La question de la spiritualité dans la société est ainsi posée. Ainsi, inspirées par la conscience d’un compositeur soucieux du sens et des énergies propices à rééquilibrer le monde, « entre l’infra-grave et l’ultra-aigu, les résonances vrombissent, se fondent, se confrontent ; elles dessinent le visage de nouveaux matras. » Et si Zad Moultaka recomposait la matrice sonore d’où allait jaillir un nouveau monde? on ne peut que l’espérer… Création (environ 1h10mn), avec l’Ircam (réalisation informatique musicale), 6 chanteurs de Neue Vocalsolisten, Ars Nova instrumental / Philippe Nahon, direction. Mardi 10, mercredi 11 janvier 2017, 20h30. Rain de Anne Teresa De Keersmaeker. Suite d’une série à présent bien documentée au TAP : Anne Teresa De Keermaesker a déjà présenté à Poitiers, Rosas Danst Rosas (2010), En attendant (2011)… en janvier 2017, la reine de la danse contemporaine présente son ballet mythique créé en 2001 sur la musique répétitive, entêtante, envoûtante de Steve Reich. Hymne au mouvement, flux continu d’une ivresse organique collective, les 10 danseurs recréent au TAP, l’un des ballets devenus classiques du XXIème siècle. La fusion du groupe mouvant et de la musique atteint une jubilation dont il est difficile de se défaire… Rain est une pluie énergisante d’un souffle irrépressible, irrésistible. Mardi 24 janvier 2017, 20h30. Comédie déjantée Renaissance. La fête à laquelle convie les solistes instrumentistes et chanteurs de l’ensemble Doulce Mémoire excite tous les sens : l’esprit, la finesse ; le vin, l’ivresse et la table… tout ce qui compose l’ordinaire de Rabelais : une tablée de solides amateurs, inspirés par la verve gouleyante du truculent poète philosophe. Le texte de Rabelais sert une moisson de mélodies divines concoctées par les compositeurs de la Cour de François Ier dont Jannequin lui-même, avec comme acteurs riches en couleurs, caractères et accents, les instruments rois de la Renaissance : épinette, luth, guitare, cistre, flûtes à bec, bombardes et doulcianes, et … tournebout! Au Théâtre Blossac, Les 3T – Théâtre de Chatellerault dont est originaire Jannequin justement. Bus au départ du TAP à 19h. Mardi 31 janvier 2017, 19h30. Grande soirée à la fois d’intimité chambriste, ardente et éruptive avec d’abord, l’épure irrésistible de Fratres d’Arvo Pärt, dans sa version pour violon (Matthieu Arama, violon) et piano, conçu au moment de la mort de Benjamin Britten, le plus grand et le plus poignant des compositeurs d’opéras britanniques du XXè. Puis, dans le cadre de sa résidence au TAP, la pianiste Vanessa Wagner joue le Concerto pour piano n°23 de Mozart ; enfin, l’Orchestre Bordeaux Aquitaine (Paul Daniel, direction) interprète la 7ème Symphonie de Bruckner, dont l’adagio sublime et intérieur est lui aussi inspiré par la mort d’un proche, et un maître pour Bruckner, Richard Wagner. COCKTAIL AU TAP, jeudi 9 mars 2016… Les 25 ans de l’Orchestre des Champs-ELysées / Philippe Herreweghe… A partir de 12h30, puis dès 18h. Toute la journée. La première édition de « Cocktail » en 2015 fut une totale réussite : festival en une journée, l’offre concoctée par le TAP offre plusieurs concerts de formes différentes dans divers lieux du TAP, avec en invité principal, l’orchestre en résidence, l’Orchestre des Champs-Élysées qui fête en 2016 ses . 25 ans d’activité. Fondé par le charismatique, Philippe Herreweghe, l’ensemble investit tous les espaces publiques du TAP ce 9 mars, de 12h30 (Prélude : concert sandwich, Quintette à cordes de Johannes Brahms, accès gratuit)… Puis à 18h (présentation- rencontre thématisée ouverte à tous : « Pourquoi les chefs d’orchestre mènent-ils tout le monde à la baguette? » avec les instrumentistes de l’Orchestre des Champs Elysées : David Wahl et Marie-Ange Petit) – le programme furieusement romantique et généreux est bâti autour des symphonies de Beethoven : n°5 (tellurique, fracassante, révolutionnaire, à 19h15 – durée : 35 mn) puis la n°7 (dansante, dionysiaque, palpitante, à 21h45 – durée : 45 mn). Auparavant et entre temps, 3 offre complémentaires s’offrent au public : Choeur et orchestre des jeunes à 20h15 (soit 70 choristes et 20 musiciens des lycées et conservatoires de la région) réunis autour de l’Orchestre des Champs Elysées pour une performance sacrée et romantique : Requiem de Cherubini, italien devenu directeur du Conservatoire à Paris, doué dans le sillon tracé par Gluck, d’une fièvre préromantique irrésistible, d’avant plus ciselée dans les grands effectifs incluant le chœur (Requiem à la mémoire de Louis XVI, 1816) ; à 21h, double proposition pour un choix difficile : au plateau B : Concert quizz anniversaire (les questions sur l’orchestre des Champs-Elysées ouvrent la promesse de cadeaux à gagner) ou sur le quai de livraison : accents et nuances turques à la manière du XVIIIè, c’est à dire dans le style de la musique des Janissaires avec la percussionniste Marie-Ange Petit, timbalière (mais pas seulement) de l’Orchestre dirigé par Philippe Herreweghe. En concentrant sur une journée et une grande soirée, de nombreuses offres musicales, dans des formats et programmes différents, le TAP entend aussi redéfinir avec sa proposition « COCKTAIL », une nouvelle expérience de la musique à l’adresse de tous les publics… Expérience hors normes, pour tous. Jeudi 16 mars 2016, 20h30. Récital lyrique de haut vol avec le mezzo riche, coloré, articulé d’Isabelle Druet dont on ne cesse d’apprécier le sens du verbe, l’écoute intérieure et une grande intelligence de l’expressivité, jamais outrée ni forcée. Au TAP, la jeune cantatrice que CLASSIQUENEWS a récemment distinguée en décernant à son récent disque édité par Klarthe, le CLIC de CLASSIQUENEWS (programme : lieder d’Alma Mahler, de Zemlinsky…) interprète avec la complicité de la pianiste Anne Le Bozec plusieurs compositeurs inspirés par Shakespeare. Schubert, Schumann, … pour les diseurs germaniques ; plus rares : Sibelius, – sans omettre, Rossini pour que s’animent la prière langoureuse des jeunes incrédules sacrifiées, l’hymne crépusculaire d’Ophélie et de Desdémone, âmes passionnées, amoureuses vouées à la mort ; ou les figures plus souriantes et légères de Silvia, Cymbeline. La chanteuse récidive avec la même complice, Anne Bozec en un duo des plus expressifs, allusifs, habités : comme dans son album discographique précité « Muses » (Lieder de Alma Mahler et de Zemlinsky), Isabelle Druet cantatrice rend hommage à des femmes mythiques inspiratrices… Eternelles icônes du romantisme féminin. TOUTES LES INFOS, les concerts, le modalités pratiques sur le site du TAP, Théâtre Auditorium Poitiers / saison 2016 – 2017

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26 septembre

Compte rendu, concert. 37ème édition de Piano aux Jacobins ; Toulouse, le 21 septembre 2016. Beethoven, Bartók, Liszt, Scarlatti… Boris Berezovsky, piano

Compte rendu concerts. 37ème édition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; Cloître des Jacobins ; Le 21 septembre 2016. Ludwig Van Beethoven ; Béla Bartók ; Frantz Liszt ; Domenico Scarlatti; Igor Stravinski ; Boris Berezovsky, piano. Des grands pianistes il y en a, mais un géant comme Berezovsky je n’en connais d’autre, de cette force vive, avec ce calme. Son Beethoven est fin, délicatement phrasé, nuancé avec art. Le rythme est bondissant, ferme et stable. L’héritage mozartien est assumé comme l’élargissement du cadre de la sonate. Un grand moment de piano, pondéré, loin des excès que certains y mettent (Nelson Goerner, ici même… il y a peu). Ce sont les pièces de Bartók qui montrent les extraordinaires capacités physiques du pianiste. De l’exigeante Sonate, il ne fait qu’une bouchée, assumant crânement ses moments de violence. Les trois Etudes ont été enchaînées selon sa demande, dans un français exquis, avec trois études de Liszt. La fraternité de transcendance entre les deux compositeurs est saisissante. On comprend mieux la rareté de ces études de Bartók, tant la puissance et la virtuosité exigées sont immenses. Berezovsky domine toute partition. L’aisance souveraine en une simplicité de jeu dans une probité rarissime est un alliage des plus précieux. Quand je pense à certains qui histrionisent leur jeu, le calme olympien de Berezovsky est un baume. Son Liszt est de la même eau. Toute la construction des divers plans est organisée, sans chercher à appuyer la basse ou le chant. Ce Liszt est certain de la capacité du public à chercher dans ces notes si nombreuses, qui la mélodie, qui les arpèges, qui la basse, qui …. Ce petit effort dans l’écoute pour le spectateur est récompensé par une sorte de plénitude. Tout est là, rien ne manque et la musique règne souveraine de beauté. Le pianiste russe nous a offert un programme copieux, rare, passionnant Boris Berezovsky ou le piano monde En deuxième partie, sacrifiant à une sorte de mode cette année, il aborde à sa manière fluide et délicate trois petites Sonates de Scarlatti. Moment de pure grâce récréative. Car les deux œuvres suivantes sont colossales. La Sonate de Stravinski semble rendre hommage à l’âge classique mais est en fait d’une grande difficulté. Cette apparente simplicité d’écoute et l’absence de démonstrativité sont probablement les raisons de cette rareté dans les programmes des concerts. Berezovsky est impérial de hauteur technique et de don à son public. Sans la moindre fatigue apparente après ce vaste programme, Boris Berezovsky fait de la suite de Petrouchka une fête de la musique. Un piano sans limites qui peut aussi bien faire pleurer par sa délicatesse qu’impressionner par sa puissance orchestrale. Oui, Boris Berezovsky est le plus immense pianiste, capable de tout jouer et qui donne à son public généreusement la beauté dans la modestie accomplie, celle de moyens personnels incroyables et de travail qu’on sait colossal. Boris Berezovsky dans ce concert, a fait le don total d’un artiste accompli. Cet immense artiste a encore offert deux bis flamboyants à son public conquis et exigeant. Compte rendu concerts. 37 ème édition de Piano aux Jacobins ; Toulouse ; Cloître des Jacobins ; Le 21 septembre 2016. Ludwig Van Beethoven (1770- 1827) : Sonate pour piano en mi bémol majeur « Quasi una fantasia » Op. 27 n°1 ; Béla Bartók (1881-1945) : Sonate pour piano ; Trois études op 18 SZ 72 ; Frantz Liszt (1811-1886) : Trois études ; Domenico Scarlatti (1685-1757) : Trois sonates ; Igor Stravinski (1940-1971) : Sonate pour piano ; Petrouchka, suite ; Boris Berezovsky, piano. Illustration : David Crooks




Le blog d'Olivier Bellamy

26 septembre

Aurélie Dupont, moment de grâce…

… je dirais même plus un mogrent de masse, euh, un moment de grâce. (clin d’oeil à Hergé bientôt dans Passion Classique avec Albert Algoud) La première fois que j’ai rencontré Aurélie Dupont, elle était encore sujet à l’Opéra de Paris. Nous l’avions suivie pendant un an jusqu’à sa nomination d’étoile pour Le Journal de la Création sur France 5. Elle était lumineuse, disponible, adorable. Un amour de cygne. Elle a gagné en vérité, en profondeur. Un amour de Swan. Pina Bausch est passé par là. Après une malheureuse parenthèse à la direction de la danse de la plus grande compagnie du monde (tout le monde peut se tromper, mais pas deux fois) gageons que ce choix-ci est le bon. Aurélie en a non seulement toutes les qualités mais aussi toute la légitimité. Voici son programme : - Berlioz, Les Troyens, “Marche des Troyens” (qui accompagne traditionnellement le Défilé du Ballet et qui sera donné pour l’ouverture de la saison les 24 et 26 septembre) par l’Orchestre Symphonique de Baltimore dirigé par D. Zinman Extraits musicaux qui seront joués pour le programme Jiri Kylian donné au Palais Garnier du 26 novembre au 31 décembre : - Stravinsky, Symphony of Psalms, par le London Symphonic Orchestra dirigé par L. Bernstein - Gian Battista Pergolese, “Stabat Mater” par A. Scholl,B. Bonney et Les Talens Lyriques dirigés par C.Rousset - Piotr Ilyitch Tchaikovsky, Le Lac des cygnes, “Valse” par la Philhamonia dirigé par H. von Karajan Les Madeleines : - Billie Holiday “I’ll be seeing you” - Abhez, ”Nature boy”par Nat King Cole



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23 septembre

Le blog-notes de Claude Samuel L’opéra superstar – L’illustre Cavalli – Le sulfureux Héliogabale – Les fantasmes de Franco Fagioli – « Vous méritez un avenir meilleur »

Martin Matalon ou quand l’Amérique latine débarque à Rennes… (Ph. Patrizia Dietzi) Opéra-ci, opéra-là, comment y échapper ? Cet opéra, dont certains d’entre nous avaient, dans les années soixante, assez imprudemment je dois dire, tourné la page, est flamboyant. Un peu répétitif, certes, dans son répertoire, et parfois mis à toutes les sauces par des metteurs en scène bourrés de talent, mais iconoclastes revendiqués. Tout de même, en ce début de saison, nous avons le choix entre la Katia Kabanova de Janacek en novembre au Théâtre d’Avignon, le Rake’s progress de Stravinsky à Caen, l’Orfeo de Monteverdi à Dijon, la Cenerentola de Rossini à Lille, Pelléas et Mélisande à Limoges, L’Ange de feu (un sommet dans l’œuvre de Prokofiev, j’en reparlerai !) à Lyon, le Hamlet d’Ambroise Thomas (oui, il faut de tout pour faire un monde…) à Marseille, Le Triptyque de Puccini à Metz, Cosi fan tutte à Rouen, le très étrange Tour d’écrou de Britten à Strasbourg, Béatrice et Bénédict de ce pauvre Berlioz, qui n’eut jamais de chance en France avec ses œuvres lyriques, au Capitole de Toulouse, la Lucia di Lammermoor de Donizetti à l’Opéra de Tours et la création à Rennes (oui, une création mondiale !!!) de L’ombre de Venceslao, opéra écrit par Martin Matalon, un compositeur qui, venu de son Argentine natale, est aujourd’hui l’une des valeurs sûres de l’Ircam ; on reste dans la famille sud-américaine avec Copi, à l’origine du livret, et Jorge Lavelli pour la mise en scène : représentation où l’on nous promet « humour, tendresse et noirceur ». Spectacles que vous ne manquerez pas si, outre Rennes, vous habitez à Toulon, Reims, Avignon, Clermont, Toulouse, Bordeaux ou Montpellier. Francesco Cavalli (1602-1676), le héros du baroque vénitien (DR) Le baroque vénitien Au moment où la culture crie misère, l’opéra n’est tout de même pas si mal loti ! Je dirai même qu’à Paris, à Garnier actuellement, il est somptueusement servi. Là aussi avec une création, mais d’un compositeur mort il y a quelque trois cents quarante ans : l’illustre Francesco Cavalli (1602-1676), un représentant du baroque vénitien qui, suivant les traces de Monteverdi dont il fut l’élève, a composé quarante-et-un opéras, dont, parmi les vingt-sept qui nous sont parvenus, Ercole Amante, écrit à la demande de Mazarin à l’occasion du mariage de Louis XIV avec Marie Thérèse d’Autriche, et Eliogabalo, donné actuellement (et jusqu’au 15 octobre) à Garnier, le dernier de la série, qui fut à l’époque mis en répétitions à Venise, mais laissé pour compte en cours de route – le personnage-titre de l’opéra ayant vraisemblablement trop de turpitudes à son actif… Néron aussi, dont s’empara Monteverdi… L’Empereur de Rome (Franco Fagioli) aux pieds de Gemmira (Nadine Sierra), femme convoitée (Ph. Agathe Poupeney/Opéra de Paris) Héliogabale est un personnage historique dont la réputation est plus que sulfureuse ; empereur de Rome en 218, à quatorze ans, il exerça tous les pouvoirs jusqu’à sa mort, quatre ans plus tard ; Edward Gibbon évoque dans l’Histoire du déclin et de la chute de l’Empire romain « un homme voluptueux […] dont les amusements favoris consistaient à défier les passions et les préjugés de ses sujets et à fouler aux pieds toutes les lois de la décence et de la nature, qui se livra sans retenue aux débauches les plus grossières. » Un librettiste, dont on a oublié le nom, s’est jeté avec bonheur sur ce personnage sulfureux dont la sexualité ambiguë nourrit à Garnier l’imagination de Thomas Jolly, responsable de la mise en scène. Une œuvre de styliste dont l’invention s’appuie largement sur le travail très sophistiqué d’Antoine Travert, l’homme des lumières… Ne cherchons pas, malgré les sous-titres, à suivre tous les rebondissements d’une affaire tortueuse. Franco Fagioli, notre Eliogabalo, est, comme il se doit, un contre-ténor qui étale sans restriction ses fantasmes… Le spectacle, en coproduction avec l’Opéra d’Amsterdam, dure trois heures – une durée raisonnable pour l’époque. Ce n’est tout de même pas l’émotion monteverdienne, encore moins la fantaisie mozartienne qui se fera attendre un grand siècle. D’après Verdi C’est aussi un opéra, un ouvrage lyrique ultra-classique qui est installé au Théâtre des Bouffes du Nord (jusqu’au 15 octobre). Une Traviata sous-titrée « Vous méritez un avenir meilleur », agrémentée d’une précision : « d’après La Traviata de Giuseppe Verdi ». Référence : dans ce même lieu, Peter Brook a monté jadis une Carmen d’anthologie d’après Bizet, suivie par un Pelléas et Mélisande d’après Debussy, une Flûte enchantée d’après Mozart. Toutes transpositions impossibles sur une vraie scène d’opéra mais, notamment pour La Traviata, idéale dans ce lieu vermoulu où peuvent librement s’effilocher les souvenirs. De surcroît, La Traviata est là, en la personne de Judith Chemla, une merveilleuse chanteuse-comédienne d’une présence obsédante. L’ensemble où, musicalement et scéniquement, tout s’entremêle, est organisé avec autant de fermeté que de subtilité par un spécialiste des spectacles décalés : Benjamin Lazar, qui, depuis certain Bourgois Gentilhomme à la bougie, n’arrête pas de décanter nos classiques. Ce n’est ni un pastiche, ni un pied-de-nez mais avec neuf musiciens seulement (flûte, clarinette, violoncelle, contrebasse, accordéon, trombone, cor et violon) de libres variations. Et c’est magnifique ! La Violetta des Bouffes, telle qu’une version épurée nous la restitue… (Ph. Pascal Victor) Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason de septembre 2016 : « Ce jour-là, 14 décembre 1784 : Mozart entre dans la franc-maçonnerie »

Igor Stravinski
(1882 – 1971)

Igor Stravinski (17 juin 1882 - 6 avril 1971) est un compositeur et chef d'orchestre russe (naturalisé français, en 1934, puis américain, en 1945) de l'époque moderne, considéré comme l'un des compositeurs les plus influents du xxe siècle. L'œuvre de Stravinski, qui s'étend sur près de soixante-dix années, se caractérise par sa grande diversité de styles. Le compositeur accéda à la célébrité durant sa première période créatrice avec trois ballets : L'Oiseau de feu (1910), Petrouchka (1911) et, surtout, Le Sacre du printemps (1913). Le Sacre, son œuvre la plus célèbre, eut un impact considérable sur la façon d'aborder le rythme en musique. Dans les années 1920, sa production musicale prit un virage néoclassique et renoua avec des formes traditionnelles (concerto grosso, fugue et symphonie). Dans les années 1950, enfin, Stravinski explora les possibilités de la musique sérielle en utilisant les techniques les plus avancées de son époque.



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