Musique Classique en ligne - Actualité, concerts, bios, musique & vidéos sur le net.

Musique classique et opéra par Classissima

Igor Stravinski

mercredi 31 août 2016


Carnets sur sol

29 août

2016-2017 : les opéras rares en France et en Europe

Carnets sur sol Cette année encore, petit tour d'horizon des œuvres plus rares qui passeront en France (et en Europe) dans la saison à venir. Classés par genre (chronologique et linguistique). ♥ Indique la cotation d'un spectacle vu. ♣ Indique la supposition personnelle de l'intérêt du spectacle. (1 indique plutôt un conseil négatif, à partir de 2 le conseil est positif, et de 3 plutôt vivement conseillé.) CSS à la conquête de l'Europe. Étranges putti sexués – dont l'un aux traits de l'impératrice ! – dans le décor de la bibliothèque de Napoléon à Compiègne. Sur les bagages, il est inscrit Buon viaggo in Cor… (« Bon voyage en Cor… ») et Posa piano (« Repose-toi bien »). PREMIERS OPÉRAS Rossi – Orfeo – Bordeaux, Caen, Versailles Encore présente cette saison, la production déjà en tournée la saison passée. Œuvre historiquement incontournable, remarquable musicalement, et servie au firmament par les artistes (Ensemble Pygmalion, et Francesca Aspromonte en Euridice). [notule ] → ♥♥♥♥♥ Cavalli – Eliogabalo – Garnier Un Cavalli rare, avec García Alarcón (grandement pourvu pour ce style), Fagioli et Groves. → ♣♣♣♣ Cavalli – La Calisto – Strasbourg Le Cavalli emblématique, dans un environnement surprenant de talentueux non spécialistes : Rousset, Tsallagova, Remigio, Genaux, de Mey. → ♣♣♣ OPERA SERIA Haendel – Israel in Egypt – Reims Bijou absolu de l'oratorio (surtout si la version retenue contient la déploration d'origine). Avec les Cris de Paris et les Siècles, très appétissant. (Direction Jourdain, avec notamment Redmond, Boden et Buffière). → ♣♣♣♣ Vivaldi – Arsilda, regina di Ponto – Caen Un Vivaldi rare, avec le fulgurant Vaclav Luks. → ♣♣♣ (parce que je n'aime pas plus le seria que ça, mais sinon…) Porpora – Il Trionfo della divina giustizia – Versailles Oratorio virtuose, avec le fin du fin de l'école seria française : Staskiewicz, Galou, et en prime Negri. → ♣♣♣ (idem) OPÉRA FRANÇAIS XVIIIe Lalande-Destouches – Les Éléments – Louvre Extraits (excellent interprétés) de cet opéra-ballet paré d'un grand succès en son temps. Le disque vient de paraître et vaut vraiment le détour. → ♥♥♥♥ Marais – Alcyone – Favart Retour d'une œuvre qui n'a pas, je crois bien, été rejouée depuis Minkowski au début des années 90. Le livret de La Motte n'est pas bon, et ce n'est pas le meilleur titre de Marais, mais les danses sont belles (et la tempête légendaire). Ce sera joué par Savall, qui n'a pas toujours brillé dans ce répertoire (il ne faut pas se fier aux disques Alia Vox, fabuleusement captés et traités, qui ne reflètent pas la sècheresse réelle de l'ensemble) ; il semble néanmoins s'être amélioré, et s'être entouré ici d'excellents spécialistes. → ♣♣ Rameau – Zoroastre – Versailles Suite des explorations de Pichon, avec ce titre splendide très peu joué. Avec Piau, Mechelen, Courjal, Immler. → ♣♣♣♣ Boismortier – Don Quichotte chez la Duchesse – Compiègne L'une des œuvres les plus jubilatoires de tout le répertoire de l'opéra. Néanmoins la production des époux Benizio rend discontinu ce qui était au contraire d'une densité extraordinaire (les ariettes ne font pas une minute, tout n'est que de l'action !). → ♥♥♥ (l'œuvre vaut le maximum, mais le résultat est ce qu'il est… mitigé) Sacchini – Chimène ou le Cid – Massy, Saint-Quentin-en-Yvelines Au milieu d'une production très plate, de très loin le plus bel opéra de Sacchini, par Julien Chauvin et son nouveau Concert de la Loge Olympique . → ♣♣♣♣ Salieri – Les Horaces – Versailles Le dernier opéra français de Salieri, après Les Danaïdes et Tarare , deux chefs-d'œuvre absolus. Les espoirs sont grands, a fortiori en considérant le sujet et les conditions de remise à l'honneur : Rousset, Wanroij, Lefebvre, Dran, Dubois, Bou, Foster-Williams, Lefebvre ! → ♣♣♣♣♣ Lemoyne – Phèdre – Bouffes du Nord, Caen Recréation d'un opéra de la fin de la tragédie en musique. Véritable découverte. → ♣♣♣♣ BELCANTO ROMANTIQUE Rossini – Elisabetta, regina d'Inghilterra – Versailles L'un des plus mauvais Rossini, pauvre comme un mauvais Donizetti : l'impression d'entendre pendant des minutes entières de simples alternances dominante-tonique, sans parler des modulations à peu près absentes, le tout au service d'une virtuosité qui ne brille pas forcément par son sens mélodique. Pour compenser, une direction nerveuse sur instruments anciens (Spinosi & Matheus) et une distribution constellée de quelques-uns des plus grands chanteurs en activité, Alexandra Deshorties (une des plus belles Fiordiligi qu'on ait eues), Norman Reinhardt (Kunde redevenu jeune !), Barry Banks… → ♣♣ Rossini – Ermione – Lyon, TCE Tournée lyonnaise annuelle, cette fois sans Pidò. Avec Zedda, Meade, Spyres, Korchak, Bolleire. Rossini – Il Turco in Italia – Toulouse Le plus bel opéra de Rossini, de très loin : un livret remarquablement astucieux que Romani (avec une posture méta- très insolite pur l'époque) emprunte à Mazzolà (il existe donc un opéra de Franz Seydelmann sur le même sujet, que je suis en train de me jouer, j'en parlerai peut-être prochainement) ; la musique est du meilleur Rossini comique, avec des ensembles extraordinairement variés et virevoltant, mais elle s'articule surtout parfaitement à un drame finement conçu. Avec Puértolas, Corbelli (Geronio) et Spagnoli (Selim). → ♣♣♣♣♣ Donizetti – Le convenienze ed inconvenienze teatrali – Lyon Donizetti comique très peu donné, dans une mise en scène de Pelly, avec Ciofi et Naouri. Verdi – Ernani – Toulouse On n'est plus exactement dans le belcanto, même si Verdi en reprend alors encore largement les contours, mais c'est plus facile à classer comme ça, pardon. Très peu donné en France, celui-là ; un massacre de l'original (non voulu par Verdi, mais la censure lui a imposé de changer tout ce qui faisait la spécificité du texte d'Hugo… on se doute bien que le roi dans l'armoire, prévu par Verdi, faisait tordre le nez aux Autrichiens), donc il ne faut pas en attendre un livret marquant, mais il dispose musicalement de bien de jolies choses déjà très spécifiquement verdiennes, des airs très personnels et de superbes ensembles. Avec Bilyy (miam) et Pertusi. → ♣♣♣ OPÉRA FRANÇAIS XIXe Meyerbeer – Le Prophète – Toulouse Depuis combien de temps n'avait-il pas été donné en France ? Plus tardif, d'un sarcasme plus politique et moins badin que ses succès antérieurs (Robert et Les Huguenots), le Prophète dispose d'un livret à nouveau d'une audace exceptionnelle, où le pouvoir aristocratique signifie l'oppression (sans aucun recours !), où la religion est le cache-misère de toutes les ambitions et le refuge de tous les fanatiques, où la mère prend la place de l'amante, et où le héros, après avoir chanté sa pastorale, commet un crime de masse… Musicalement, moins de chatoyances que dans la période précédente, plus guère de belcanto non plus, mais la sophistication musicale et orchestrale reste assez hors du commun pour l'époque. À part Berlioz, Chopin, Schumann et Liszt, qui écrivait des choses pareilles dans les années 40, avant la révolution wagnérienne ? On voit d'ailleurs tout ce que la déclamation continue et le travail de réminiscence a pu inspirer à Wagner, à qui Meyerbeer mit le pied à l'étrier pour la création parisienne de Tannhäuser – avec la gratitude qu'on connaît, c'est Wagner. Peut-être pas très adéquatement dirigé par Flor, il faudra voir. Avec Gubanova, Osborn et Iva shchenko . → ♣♣♣ Halévy – La Reine de Chypre – TCE Voilà un Halévy qui n'a guère été redonné. Assez différent de la Juive, si j'en crois mon exécution domestique il y a quelques années : des récitatifs bien prosodiés, beaucoup d'ensembles et de chœurs, mais un langage très simple, très mélodique, presque belcantiste, qui n'a pas du tout la même sophistication que Charles VI, La Magicienne, et bien sûr les plus complexes La Juive et Le Déluge. Mais exécution très prometteuse, par le Concert Spirituel, avec Gens, Laho, Dupuis, Huchet, Lavoie. → ♣♣♣ Halévy – La Juive – Strasbourg Encore un grand succès du livret subversif (et pourtant très populaire) signé Scribe. La direction de Lacombe fait très envie, la reprise de la mise en scène de Konwitschny (que je n'ai pas vue, mais il me semble que ça a déjà été publié) m'inspire moins confiance, et le manque de grâce de Saccà (Éléazar) aussi. Mais il y aura Varnier en Brogni et même Cavallier en archer… → ♣♣♣ Adam – Le Chalet – Toulon Pas grand'chose à se mettre sous la dent dans cette courte petite histoire, mais c'est très plaisant, et interprété par des grands : Tourniaire, Devos, Droy, Rabec. → ♣♣ Adam – Le Toréador – Rennes Dirigé par Tingaud, le célèbre opéra à variations, très plaisant et payant. → ♣♣♣ Thomas – Hamlet – Marseille J'hésite à le faire figurer dans la liste… l'œuvre est devenue (et à juste titre !) un véritable standard, il n'est pas de saison où on ne la joue en France, en Suisse ou en Belgique… Une série avait été proposée sur la transformation du matériau de Shakespeare aux débuts de CSS, et à l'époque où les prémices de la mode n'étaient pas encore une mode. Comme souvent, une superbe distribution : Ciofi, Brunet, R. Mathieu , Lapointe, Barrard, Bolleire, Delcour ! Moins enthousiaste sur Foster, qui défend généreusement ce répertoire, mais dont le style n'est en général ni soigneux, ni tout à fait adéquat. Néanmoins, ce sera très bien (mise en scène de Boussard qui devrait être bien). → ♣♣♣♣ Massenet – Don César de Bazan – Compiègne, Thaon-les-Vosges Remarquable production de ce qui était quasiment le dernier opéra (en tout cas parmi ceux qui ne demeurent pas perdus) à être remonté de Massenet, longtemps cru brûlé. Superbement chanté (Du mora , Sarragosse), superbement accompagné (Les Frivolités Parisiennes, l'orchestre remporte un Putto d'incarnat cette année dans le bilan qui sera publié), mise en scène riche et avisée. L'œuvre en elle-même hésite entre un sinistre jeu de cache-cache avec la mort (qui vous rattrape parfois) et une transformation vaudevillesque du pourceau d'Épicure en mari soucieux du respect des usages. Musique plutôt légère, mais d'une finition remarquable. → ♥♥♥♥ Saint-Saëns – Le Timbre d'argent – Favart Nouveauté chez Favart. Pas encore eu le temps de jouer la partition, mais forcément un bon a priori (opéra de Saint-Saëns + sélection Favart…). → ♣♣♣♣ Saint-Saëns – Proserpine – Versailles Autre inédit, pour la tournée annuelle de la Radio de Munich (qui n'est pas la Radio Bavaroise, notez bien) en partenariat avec Bru Zane. Ulf Schirmer dirige, avec Gens, Marie-Adeline Henry, Vidal, Antoun, Lavoie, Foster-Williams, Teitgen ! → ♣♣♣♣♣ Offenbach – Geneviève de Brabant – Nancy Un chouette Offenbach servi par une équipe épatante : l'habitué Schnitzler, Buendia (de l'Académie Favart, dans Cendrillon de Viardot et l'Écureuil Bleu de Dupin), R. Mathieu , Piolino, Huchet, Grappe, Ermelier… → ♣♣ MUSIQUE DE SCÈNE ROMANTIQUE Grieg – Peer Gynt – Limoges Dirigé par Chalvin, avec Kalinine en Anitra. (Chanté en VO, je ne peux pas dire comment sera le reste du dispositif, sans doute des résumés en français.) SLAVES Tchaïkovski – La Pucelle d'Orléans – Philharmonie de Paris Très rare en France, et interprété non seulement pas de vrais russes, mais par la troupe du Bolshoï elle-même (dirigée par Sokhiev).→ ♣♣♣♣♣ Rimski-Korsakov – Snégourotchka – Bastille Là aussi, rareté à peu près absolue sur le sol français. Tcherniakov en promet une relecture érotisante (propre à choquer le jeune public, précise l'avant-programme de l'Opéra…). Distribution bizarrement attelée (Garifullina dans le rôle-titre, mais aussi D'Intino et Vargas…). → ♣♣♣ Dvořák – Rusalka – Tours Rusalka s'est pas mal imposée hors d'Europe centrale. Prélude, je l'espère, à l'importation d'autres titres de haute valeur (Armida, Dalibor, Libuše, Fiancée de Messine, Šárka…). Ici, c'est même avec une distribution étrange, très française, avec Manfrino et Cals (Princesse Étrangère !), ce qui m'effraie un rien, je dois dire. En revanche, l'excellent Micha Schelomianki en Ondin (rôle dont il est de plus très familier), et la voix n'est pas trop russe-ronde pour du tchèque. L'œuvre est une merveille absolue qui se révèle encore mieux en salle. [livret , musique , discographie exhaustive ] → ♣♣♣ Stravinski – The Rake's Progress – Caen, Rouen, Limoges, Reims De jolies choses dans la distribution (Marie Arnet, excellente mélisande ; Isabelle Druet en Baba ; Stephan Loges en père Trulove), mais un opéra déjà faible dirigé avec la raideur de Deroyer, je ne suis pas complètement tenté. → ♣♣ Prokofiev – L'Ange de feu – Lyon Si Guerre & Paix est le plus impressionnant scéniquement et dramatique (l'un des plus avenants mélodiquement aussi), L'Ange de feu est le plus impressionnant musicalement de toute la production lyrique de Prokofiev – c'est d'ailleurs la matière-première de sa Troisième Symphonie. Avec Ono, Syndyte, Efimov, Naouri. → ♣♣♣♣ XXe SIÈCLE DIVERS … où l'on trouve énormément d'œuvres légères, en réalité. Hindemith – Sancta Susanna – Bastille Sujet mystico-érotique sur une musique très dense, du Hindemith très décadent, qui doit beaucoup plus à Salome que n'importe quelle autre de ses œuvres. Avec Antonacci, couplé avec Cavalleria Rusticana (avec Garanča), une assez chouette association. → ♣♣♣♣ Britten – Owen Wingrave – Amphi Bastille … mais par l'Atelier Lyrique de l'Opéra, dont je n'aime pas du tout les choix de recrutement, ni les spectacles. Déjà donné pour leur Britten (Lucrèce ), je passe. → ♣♣ Sauguet – Tistou les pouces verts – Rouen Sauguet n'est pas un immense compositeur, mais il a une fibre théâtrale, ce devrait être sympathique. → ♣♣♣ Rota – La notte di un nevrastenico – Montpellier Avec Bruno Praticò et le formidable Bruno Taddia, œuvre comique que je n'ai pas testée. → ♣♣♣♣ Rota – Aladino e la lampada magica (traduit en français) – Saint-Étienne Avec Larcher, Buffière, Tachdjian . Autre nouveauté pour moi, qui me rend bien curieux. → ♣♣♣ Menotti – The Telephone – Metz Menotti – Amelia al Ballo – Metz Le sommet du Menotti « conversationnel » (en version originale – il existe aussi une excellente version française), d'une fraîcheur jubilatoire, couplée avec son plus célèbre opus de type lyrique. Très beau choix, dirigé par Diederich, avec la jeune gloire Guillaume Andrieux.→ ♣♣♣♣ CONTEMPORAINS Du côté des vivants à présent. Gérard Pesson – La Double Coquette – Lille Fin de la tournée. Bricolage des Troqueurs de Dauvergne avec des moyens « musicologiques » : Ensemble Amarillis, Poulenard (toujours étincelante), Villoutreys, Getchell. On peut le voir comme un moyen de toucher des droits à la façon du coucou, de remplir les quotas de musique contemporaine sans effrayer le public, ou bien comme une façon de rendre plus dense cette œuvre très légère qui a beaucoup vieilli et paraît peu consistante jouée seule, difficile de trancher. → ♥♥♥ Roland Auzet – HIP 127 – Limoges Moneim Adwan – Kalîla wa Dimna – Lille Joué à Aix cet été. Le principe du métissage avec le chant arabe classique est sympa, mais ça ne marche pas, et le livret, sa mise en scène, également statiques, ne sont pas bons non plus. → ♥ Lionel Ginoux – Vanda – Reims Lucia Ronchetti – Pinocchio – Rouen Pas très optimiste vu la tête de son Sonno di Atys, particulièrement peu intelligible (pourtant, le sommeil d'Atys n'est pas spécifique au mythe, ce doit être une référence à LULLY…), à l'opéra ce ne doit pas être un langage très compatible . → ♣♣ Ahmed Essya – Mririda – Strasbourg Martín Matalon – L'Ombre de Venceslao – Toulouse, Avignon, Rennes, Clermont-Ferrand Ici encore, pas un langage très prosodico-compatible à mon avis. Je n'ai pas été très convaincu par ce que j'ai entendu de Matalon jusqu'ici, mais le cahier des charges d'un ompéra étant forcément différent… → ♣♣ Violeta Cruz – La Princesse Légère – Compiègne Marius Felix Lange – Schneewittchen – Colmar, Strasbourg, Mulhouse Arthur Lavandier – Le premier meurtre – Lille Tout jeune. Pas entendu. OPÉRETTES ET COMÉDIES MUSICALES J. Strauß – Eine Nacht in Venedig – Lyon Lehár – Le Pays du sourire – Tours (Avec Philiponet, Droy, Dudziak) Messager – L'Amour masqué – TM Lyon Christiné – Dédé – Marseille Lopez – Prince de Madrid – TM Lyon Lopez – La Route fleurie – Marseille Scotto – Violettes impériales – Marseille Bernstein – Candide – Toulouse, Bordeaux Sondheim – Sweeney Todd – Toulon Mitch Leigh – L'homme de la Mancha – Tours Jerry Bock – Un Violon sur le toit – Massy, Avignon Un petit phénomène Luis Mariano semble-t-il, entre Lopez et Scotto ! Sinon, le jubilatoire Candide, la comédie musicale la plus opératique de Sondheim (pas sa meilleure), et la fameuse pièce de Leigh illustrée par Brel, chantée par Cavallier (pas de la grande musique, mais les basses aiment bien chanter ça semble-t-il Jérôme Varnier en donne aussi en récital). Dédé est à recommander avant tout pour le théâtre, avec une intrigue très vive et des caractères plaisants, tandis que la musique légère jazzy n'est pas ce qui frappe le plus l'attention. Je ne m'avance pas sur des cotations ici, ça dépend tellement des inclinations de chacun… En ce qui me concerne, Sweeney Todd me laisse plutôt froid (mais est considéré comme une œuvre majeure de Sondheim), tandis que je n'ai rien contre Lopez et Scotto (particulièrement mal vus, mais en salle, ça coule très agréable)… Idem pour J. Strauß et Lehár, il faut être dans l'humeur adéquate (je n'en raffole pas personnellement, mais c'est musicalement plutôt bien tenu). AILLEURS EN EUROPE À part la création très inattendue d'un opéra de Kurtág à la Scala (Fin de partie, un choix moins surprenant), les raretés sont surtout des spécialités locales : ¶ les deux Erkel célèbres à Budapest (Bánk bán et Hunyadi László), plus le Ténor de Dohnányi (et la Reine de Saba de Goldmark), ¶ deux Dvořák semi-rares (célèbres mais à peu près jamais donnés hors des terres tchèques, Le Diable & Katia et Le Jacobin) à Prague, ¶ Sakùntala d'Alfano à Catane, ¶ Peer Gynt d'Egk à Vienne, ¶ Doktor Faust de Busoni à Dresde, ¶ Oberon de Weber & Die Gezeichneten de Schreker pour le festival munichois de juillet 2017. Restent Rimski-Korsakov (Le Coq d'Or à Bruxelles) et Britten, Curlew River à Madrid et Death in Venice à la Deutsche Oper Berlin, moins congruents. D'ici quelques jours devraient paraître à la fois le bilan de la saison écoulée (avec remise de breloques !) et la sélection de concerts du mois de septembre.

La lettre du musicien (Comptes rendus)

23 août

Au Touquet, le piano fait des folies

Sur la Côte d’opale, Le Touquet-Paris-Plage accueille chaque année depuis huit ans un festival où le piano est roi, Les Pianos Folies. De l’édition 2016, foisonnante et jubilatoire, on retiendra nombre de moments forts.Remplaçant le pianiste chinois Muye Wu, la Bulgare Plamena Mangova a donné du Concerto de Grieg une leçon éblouissante de virtuosité habitée, culminant dans la cadence du premier mouvement, où elle fit admirer la diversité et la richesse de sa palette sonore. Dauphine d’Anna Vinnitskaia au concours Reine-Elisabeth 2007, sa sensibilité à fleur de peau émeut davantage que la sensualité débridée de son ancienne rivale, en symbiose parfaite avec le Chopin des Préludes, mais manquant de la simplicité nécessaire pour traduire l’univers des Scènes d’enfants de Schumann. Deuxième prix en 2013 du même concours, Rémi Geniet confirme sa jeune maturité et son affinité avec le Beethoven – des Sonates n°2 et 14 – tout en révolte contenu, préfigurant les audaces instrumentales du Prokofiev de la Huitième Sonate. Du “Chopin espagnol”, Granados, Guillaume Coppola restitue toute la poésie solaire et aristocratique par trois de ses Danses espagnoles et le virtuose Allegro de concert. Boris Berezovsky domestique son trop-plein d’énergie, déployé pour les Etudes d’exécution transcendante de Liszt, pour donner vie à l’animation colorée des Trois Mouvements de Petrouchka. Transcriptions toujours avec le duo Jatekok, Naïri Badal et Adélaïde Panaget, qui nous a proposé une mise à nu révélatrice des innovations harmoniques du Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy comme de la révolution rythmique du Sacre du printemps de Stravinsky. Dans l’esprit de rigueur de leur parrain spirituel, György Kurtag. David Kadouch évoque, avec une science consommée de la dynamique et de la couleur, les terreurs cachées dans les Waldszenen de Schumann avant l’implacable montée vers l’horreur du Gaspard de la nuit ravélien. Plus introspective peut-être, la version des mêmes Scènes de la forêt par Claire Désert, complétée par les Papillons et deux mélodies, Widmung et Frühlingsnacht, – miracles de transcriptions de Liszt –, brosse un portrait sans pathos des états d’âme schumanniens. On saluera enfin la production par la compagnie Opéra Côté chœur d’une Traviata de Verdi, dans une mise en scène intimiste de Bernard Jourdain, interprétée par de jeunes professionnels, issus pour la plupart de nos conservatoires supérieurs, à l’instar du chef d’orchestre Frédéric Rouillon et de la Violetta bouleversante de Dorothée Lorthiois. (13 au 21 août)






Les blogs Qobuz

22 juillet

Le blog de l’été (3) – Ce jour-là : 17 novembre 1908

Camille Saint-Saëns (1835-1921) Premier musicien du Septième art Ce jour-là, un public choisi (et en tenue de soirée) assistait à l’une de ces soirées inscrites dans la légende du cinéma ; ce jour-là, le Septième Art naissant rencontrait la musique classique en la personne d’un compositeur septuagénaire largement statufié mais pas spécialement réputé pour son modernisme ; ce jour-là, dix-huit minutes de projection, retraçant non sans quelques libertés un épisode historique, étaient agrémentées d’un décor musical composé pour l’occasion ; ce jour-là, 17 novembre 1908, un petit orchestre composé de quelques solistes de l’Orchestre Colonne et de l’Orchestre Lamoureux et dirigé par un certain Fernand Le Borne, exécutait en création mondiale la partition composée par Camille Saint-Saëns pour L’Assassinat du Duc de Guise, film en cinq tableaux d’André Calmettes et de Charles Le Bargy d’après la pièce d’Henri Lavedan. L’accueil fut chaleureux, mais les spectateurs de la salle Charras se plaignirent néanmoins de la fatigue que le cinéma imposait à leurs yeux. Tout cela était si nouveau… Attirer le chaland En effet, l’aventure des frères Lumière n’avait commencé qu’en 1895, au sous-sol du Grand Café du boulevard des Capucines où, pour la modique somme d’un franc, on pouvait découvrir un mouvement sur un écran, sinon la relation d’une histoire identifiable. Un peu de musique pour couvrir le bruit de la projection n’était pas superflu, et c’est Mme Lumière qui tourna les pages des premières partitions… Puis les baraques foraines s’emparèrent de l’invention, et la musique, jouée à l’extérieur, servit alors à attirer le chaland. Ambition limitée… Pourtant, on comprit rapidement qu’un espace sonore était, d’après la formule de Marcel l’Herbier, « un fil rouge tendu entre le film et le spectateur », un accélérateur d’émotions, le signal accompagnant les non-dits. Attention, voilà le traître, la contrebasse est entrée dans la danse… Ainsi fut créé un catalogue des « musiques incidentales » où le pianiste (ou le chef) de service nourrissait son inspiration : musique pour le « combat héroïque », pour « la lamentation passionnée », pour « les troubles de la nature » et, dans le style agitato, pour « la poursuite », qui n’a cessé d’être la tarte à la crème du cinéma, avec clin d’œil persistant à la Chevauchée des Walkyries – de la Naissance d’une nation de Griffith à l’Apocalypse now de Coppola… Honegger, qui signera plusieurs partitions pour le cinéma, dira plus tard : « Pour ne pas être monotone, un film doit être nécessairement accompagné d’un certain bruit… ». Apparurent d’autres exigences, sur le contenu dramatique, la forme, le talent des comédiens… C’est pour y répondre que les frères Laffitte fondèrent « Le Film d’Art », dont la mission était d’imaginer un cinéma « digne de la culture universelle », société à laquelle quelques membres éminents de l’Académie française (dont Henri Lavedan, auteur oublié et scénariste de L’Assassinat du Duc de Guise) et de la Comédie française (ainsi Mounet-Sully, Cécile Sorel et autres Berthe Bovy) voulurent bien apporter leur caution ; le musicien associé devait être, lui aussi, une célébrité reconnue. Donc, Saint-Saëns : on ne pouvait mieux faire, en 1908, que solliciter ce vénérable barbu, membre de l’Institut, Grand officier de la Légion d’honneur, musicien officiel auquel on avait naguère commandé une Marche pour le Couronnement d’Edouard VII et une Cantate pour l’Exposition universelle de 1900 – cantate intitulée Feu céleste, hymne à l’électricité (de bon augure pour l’irruption dans le monde cinématographique…), ce fameux pianiste et compositeur académique, toujours débordant d’activité, qui, venant d’être reçu à Berlin par le Kaiser, avait assisté une représentation de Salomé et décrit, mais sans enthousiasme excessif, « un orchestre qui tressaille, murmure, gazouille, chante, glapit, crie, hurle, éclate, tonne, s’apaise, se trouble, éructe, tousse, éternue. » Soupirs d’amour Tout un programme, en somme, pour la nouvelle musique de film… Celle-ci, dans L’Assassinat du Duc de Guise, assume parfaitement sa fonction illustrative : soupirs d’amour de la Marquise de Noirmoutiers, maîtresse du Duc ; trouble d’Henri III songeant à se débarrasser du Chef de La Ligue, dénommé « Le Balafré », qui menace le pouvoir légitime ; violence de la scène des poignards, retour du roi devant le cadavre : « Il est encore plus grand mort que vivant… », réapparition et pâmoison enfin de la Marquise. Scène vécue le 23 décembre 1588 et présentée cinématographiquement au public ce 17 novembre 1908 – prélude à une formidable industrie qui, à travers le temps, bénéficiera de ses propres spécialistes (de Maurice Jaubert à Bernard Herrmann, en passant par Georges Delerue, Maurice Jarre, Nino Rota, Miklos Rosza, Joseph Kosma – liste non limitative) et annexera temporairement quelques vraies gloires (de Milhaud à Chostakovitch avec mention particulière pour le Prokofiev d’Ivan le terrible et d’Alexandre Newski). L’histoire de France annexée par le cinéma, et le duc de Guise, victime consentante… (DR) L’usine Disney Et puis il y aura les rebelles, dont Igor Stravinsky, que les producteurs d’Hollywood supplièrent, est le porte-drapeau : « Je reconnais que la musique constitue un appoint indispensable au film sonore. Le film ne saurait s’en passer, pas plus que je ne saurais moi-même me passer de tapisser de papier peint les parties nues du mur de mon studio. » L’usine Disney utilisa tout de même un extrait du Sacre du Printemps dans Fantasia ; pour juger des dégâts, le Maître arriva au studio avec sa partition sous le bras. « Inutile, lui dit-on alors, la partition est… un peu changée. » Le dédommagement financier fut sans doute à la hauteur du sacrilège… (Diapason – Chronique de janvier 2010) Pour combler votre curiosité – Les musiques du cinéma français par Alain Lacombe et François Porcile (Editions Bordas) – La musique de film par Gilles Mouëllic (Cahiers du cinéma) Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason de juillet-août 2016 : « Ce jour-là, 15 janvier 1941 : Création du Quatuor pour la fin du Temps »

Igor Stravinski
(1882 – 1971)

Igor Stravinski (17 juin 1882 - 6 avril 1971) est un compositeur et chef d'orchestre russe (naturalisé français, en 1934, puis américain, en 1945) de l'époque moderne, considéré comme l'un des compositeurs les plus influents du xxe siècle. L'œuvre de Stravinski, qui s'étend sur près de soixante-dix années, se caractérise par sa grande diversité de styles. Le compositeur accéda à la célébrité durant sa première période créatrice avec trois ballets : L'Oiseau de feu (1910), Petrouchka (1911) et, surtout, Le Sacre du printemps (1913). Le Sacre, son œuvre la plus célèbre, eut un impact considérable sur la façon d'aborder le rythme en musique. Dans les années 1920, sa production musicale prit un virage néoclassique et renoua avec des formes traditionnelles (concerto grosso, fugue et symphonie). Dans les années 1950, enfin, Stravinski explora les possibilités de la musique sérielle en utilisant les techniques les plus avancées de son époque.



[+] Toute l'actualité (Igor Stravinski)
29 août
Carnets sur sol
23 août
La lettre du musi...
18 août
Resmusica.com
3 août
Resmusica.com
25 juil.
Resmusica.com
24 juil.
Resmusica.com
22 juil.
Les blogs Qobuz
21 juil.
Classiquenews.com...
19 juil.
Classiquenews.com...
18 juil.
Resmusica.com
16 juil.
Fomalhaut
15 juil.
Les blogs Qobuz
5 juil.
Classiquenews.com...
5 juil.
MusicaBohemica
3 juil.
Resmusica.com
20 juin
Le blog d'Olivier...
14 juin
Classiquenews.com...
9 juin
Le blog d'Olivier...
7 juin
Le blog d'Olivier...
1 juin
Resmusica.com

Igor Stravinski




Stravinski sur le net...



Igor Stravinski »

Grands compositeurs de musique classique

Sacre Du Printemps Oiseau De Feu Petrouchka

Depuis Janvier 2009, Classissima facilite l'accès à la musique classique et étend son audience.
Avec des services innovants, Classissima accompagne débutants et mélomanes dans leur experience du web.


Grands chefs d'orchestre, Grands interprètes, Grands artistes lyriques
 
Grands compositeurs de musique classique
Bach
Beethoven
Brahms
Debussy
Dvorak
Handel
Mendelsohn
Mozart
Ravel
Schubert
Tchaïkovsky
Verdi
Vivaldi
Wagner
[...]


Explorer 10 siècles de musique classique ...